Master

Paolo Tortonese


Séminaires de M. Tortonese 2011-2012

Master 1
Roman et morale

(Premier semestre, le lundi de 9h à 11h, salle de l'Ecole doctorale de Paris 3, Sorbonne, escalier C, entrée par le 17, rue de la Sorbonne)

Que serait la princesse de Clèves si l’adultère n’était pas une faute ? La psychologie d’un personnage de roman est-elle pensable en dehors d’un questionnement moral ? La frontière entre dilemme moral et problème psychologique n’est pas facile à tracer. Les romanciers eu XIXe siècle ont tenté de s’émanciper des modèles traditionnels qui pendant deux siècles avaient permis de fonder la conscience romanesque sur des catégories issues de la réflexion morale. Rejetant les enjeux métaphysiques, le roman a voulu considérer le comportement humain comme explicable par des notions scientifiques. Mais a-t-il vraiment quitté les questionnements moraux ? L’intérêt romanesque est-il devenu étranger à l’opposition entre bien et mal ?

Bibliographie : Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie, Marseille, Agone, 2008 ; Jean-Louis Chrétien, Conscience et roman: I. La conscience au grand jour, II. La Conscience à mi-voix, Paris, Minuit, 2009-2011 ; Sandra Laugier (éd.), Éthique, littérature, vie humaine, PUF, 2006 ; Avraham B. Yehoshua, Comment construire un code moral sur un vieux sac de supermarché. Éthique et littérature, Éditions de l’Éclat, Paris 2004.

Master 2
Romantisme et irrationalité

(Premier semestre, le jeudi de 9h à 11h, salle de l'Ecole doctorale de Paris 3, Sorbonne, escalier C, entrée par le 17, rue de la Sorbonne)

Le romantisme est-il un mysticisme réactionnaire qui s’oppose à l’exercice de la raison ? Est- il, au contraire, la poursuite libérale de l’idéologie des Lumières ? Des interprétations opposées ont été élaborées par l’histoire littéraire, qu’il est intéressant aujourd’hui de mettre en perspective. Le romantisme apparaît sans conteste comme une révolution comparable et inverse à celle de Galilée : il remet l’homme au centre de l’univers, et conçoit cet univers moins comme un mécanisme que comme un organisme, dont le sujet fait lui-même partie. Mais il réintroduit également dans le monde les forces que les Lumières avaient écartés ou réprimées : la religion, l’amour, le mal, la violence, la folie, la métaphore poétique. Détruit-il ainsi la raison ou lui pose-t-il un défi qui ne cesse de la questionner depuis deux siècles ?

Bibliographie : Georges Gusdorf, Le Romantisme, Payot, 1993 ; Paul Benichou, Romantismes français, Gallimard, 2004.